la Kennelophobie

LA ‘’KENNELOPHOBIE’’ tiré du livre de 1921

Article écrit par le Président de l’époque.

Cet article convient toujours en 2020 pour certains sujets !!!

La pathologie des déformations mentales s’est enrichie dans ces derniers temps d’une variété nouvelle.

Cela s’appelle la Kennelophobie.

Le diagnostic en est aisé.

Le malade souffre d’une atrophie complète du bon sens et de l’impartialité. Les ravages s’étendent même parfois à la loyauté et à la simple honnêteté morale.

Le sujet est atteint d’un daltonisme spécial qui lui fait voir en rose tout ce qui vient de ses amis et revêt des couleurs les plus noires tous les actes du Kennel Club Belge.

Ce nom seul jette certains Kennelophobes dans un état de surexcitation nerveuse qui se manifeste par des cris de rage incohérents et un ‘’broebelisme’’ grotesque.

L’origine du mal est complexe et variée. Il peut naître d’une vanité froissée, d’une panachite’’ avortée ou d’un intérêt personnel qui se dérobe sous des allures sportives.

Les accès sont parfois bénins et guérissent alors par l’administration d’une potion contenant en parties égales du raisonnement et de la bonne foi. Les cas les plus graves ont pour cause l’inoculation d’un microbe spécial que les savants ont baptisé du nom significatif de ‘’ virus saint-hubertiste ‘’. Lorsque la maladie atteint un ancien Fédéré, le pronostic est toujours désespéré.

C’est la forme rabique du mal. Et cependant ce n’est pas la plus dangereuse parce qu’elle se révèle à l’observateur par des indices certains qui mettent en garde et permettent les précautions.

 

Il en est autrement de la Kennelophobie sournoise.

Celle-ci ne se trahit par aucun signe nettement visible. Elle travaille dans une ombre propice aux œuvres louches et creuse ses mines dans la lâcheté de la dissimulation. Elle sourit à tout et à tous, proteste de son dévouement au Sport, fait la bouche en cœur et paraît accueillante à tous les projets et à toutes les initiatives. Elle ne se risque pas en des manifestations publiques et se tient dans les coulisses d’où elle manœuvre les ficelles des marionnettes en scène ; elle est partout et nulle part et glisse dans les doigts comme une aiguille dont elle a la viscosité.

Rien ne la rebute et rien ne la décourage. Elle seule sait où elle va et mène la danse des fantoches dont elle fait un piédestal à son incommensurable vanité.

Elle fait prendre aux bonshommes qu’elle subjugue les décisions les plus grossièrement violentes et antisportives dont la portée, savamment calculée, est comme d’elle seule, dissimulant l’amertume de la pilule sous un enrobage subreptice et édulcorant en pharmacopée sous le nom de ‘’Divers’’ ou de ‘’ Mesure administrative ‘’. Cette Kennelophobie sournoise n’est pas une maladie de plaine ; elle règne surtout sur les hautes cimes de l’Assemblée des délégués, terre promise de l’indépendance, audacieusement transformée en fief de l’intransigeance et de la haine de tout ce qui n’est pas ‘’ la boutique ‘’ à soi.

Elle existe à l’état endémique dans les maquis glacés qui couronnent le ‘’ mont du Conseil Supérieur ‘’ et s’y caractérise par une élimination radicale de tout esprit sportif et une éruption nauséabonde des anthrax de la ‘’ Rancune haineuse ‘’ et de la Prétention outrecuidante ‘’. Y prendre garde et se méfier.

La patte de velours cache ses griffes et la gueule son venin, mais tout sort et s’éjacule au moment longuement choisi et préparé.

C’est la forme néfaste du mal dans toute son horreur et toute sa malfaisante virulence.

LE REMEDE PREVENTIF ! Un séjour dans l’atmosphère sereine et pure du Kennel Club Belge. Le prix d’une année de traitement est de cinq francs seulement.

Adresser les demandes à : place des Comédiens 25, Bruxelles.

G. Oortmeyer.